COBRA ET
CARRERA
A
Bruxelles, Jean-Claude Tognacci a séduit le jury
de spécialistes et a remporté une belle quatrième
place, ce qui lui vaut d'être sélectionnné pour la
finale de New York. Il exposera ainsi deux toiles,
en décembre, au New World Art Center dans le
quartier de Soho, véritable Mecque new-yorkaise de
l'art. La Cobra présentée en Belgique sera du
voyage en compagnie d'une oeuvre baptisée « Du
rêve au délire » où Jean-Claude Tognacci a
reproduit « Les Iris de Vincent Van Gogh » à
l'échelle, avant de gratter quelques iris pour
faire entrer dans le bouquet... une Porsche
Carréra 911. Car toute l'originalité de
Jean-Claude Tognacci réside dans le fait qu'il
peint, à l'huile, des voitures anciennes ou de
sport dans un style hyperréaliste axé sur une
précision sans faille. Il a déjà à son actif une
bonne trentaine de toiles : une ancienne 601
Peugeot, des Ferrari, Cobra, R5 rallye et des
Peugeot plus récentes. Ainsi la 905 Peugeot qui a
gagné les 24 heures du Mans en 1992 et 1993,
peinte sur toile en grand format 200 × 100 est
exposée au musée Peugeot de Sochaux. L'artiste
vient aussi de remettre au musée la formule 1 Mac
Laren - Peugeot de 1994 avant de préparer la
Jordan Peugeot 95 et celle de 96. Le travail de
Jean-Claude Tognacci repose sur deux principes :
une grande finesse d'exécution et un très grand
réalisme. Ces huiles sont peintes uniquement à
l'aide de pinceaux sur de la toile de lin, selon
une démarche presque scientifique. Il travaille
d'abord la phase de réflexion sur le
positionnement de la voiture, son centrage dans
l'ensemble de la toile et sur le format adopté.
Les photographies lui sont alors d'un grand
secours. L'artiste dessine ensuite directement sur
la toile, au crayon de papier et apporte déjà la
précision indispensable. Il tient compte de
l'échelle, respecte les dimensions au millimètre.
La précision se cache dans les moindres détails
tant dans les ombres que les reflets.
AU
MILLIMÈTRE
Après le dessin, le peintre
recherche ses couleurs par rapport à l'original,
au fond et au décor. Il applique la peinture, aux
pinceaux, secteur par secteur, parfois en
plusieurs couches suivant les couleurs mais
commence toujours par le véhicule. Ce travail est
long, environ deux cents heures pour une toile
avant d'apporter la touche finale, de signer et de
dater. Jean-Claude n'oublie pas son implantation
régionale et après des expositions à Thann et à
Altkirch, il sera présent les 16 et 17 novembre à
Evette-Salbert en toute amitié pour Norbert
Catoire. Après avoir délaissé la galerie d'art
qu'il avait ouverte à Delle et qui lui prenait
trop de temps, Jean-Claude Tognacci mûrit quelques
projets dont la peinture d'une moto Harley (modèle
de précision s'il en est) sans oublier les deux F
1 pour le musée Peugeot. «
Pourquoi pas une auto dans votre salon, dans votre
chambre ou votre entrée ? » lance Jean-Claude
Tognacci en conclusion. Un tableau représentant
une belle voiture ne mérite-t-il pas aussi une
place comme un bouquet, une nature morte, un
paysage ou un portrait ?

« Du rêve
au délire »,
faux Van Gogh, mais vrai Tognacci, sera exposée à
New York en
décembre.